Elianne Assassi, sénatrice de Seine Saint-Denis
Loupe
Recherche avancée

Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des six commissions permanentes du Sénat : Lois, Finances, Affaires économiques, Affaires étrangères et Défense, Affaires culturelles, Affaires sociales. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales, les motions de procédure et les explications de vote des sénateurs du groupe CRC-SPG.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Application des articles 34-1, 39 et 44 de la Constitution (réforme de la procédure législative) : article 13 (2)

Par Eliane Assassi / 17 février 2009

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, soyons clairs : le projet de loi organique qui nous est soumis, en particulier son article 13, a fait couler beaucoup d’encre. C’est à juste titre, car il touche aux libertés publiques. Il serait donc souhaitable que notre discussion soit franche et fasse fi de toute hypocrisie ou tentative de dissimulation des réelles intentions des uns ou des autres.

Aux termes de l’article 13, « les règlements des assemblées peuvent, s’ils instituent une procédure impartissant des délais pour l’examen d’un texte en séance, déterminer les conditions dans lesquelles les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion ». Le projet est donc sans équivoque : il offre la possibilité à une assemblée de n’autoriser que le dépôt des amendements et de refuser leur présentation.

Ce constat peut paraître simple, mais il mérite d’être précisé et entendu, car, du dépôt du rapport du comité présidé par M. Balladur aux débats de Versailles jusqu’à ce jour, le Gouvernement, notamment par votre entremise, monsieur le secrétaire d’État, a toujours tenté de faire croire que le simple fait de pouvoir déposer un amendement suffisait au respect de l’article 44 de la Constitution, qui, aujourd’hui encore, affirme le droit d’amendement comme un droit individuel et imprescriptible des parlementaires si, conformément à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, il est effectivement assuré.

Monsieur le secrétaire d’État, le 28 mai 2008, vous répondiez ainsi à l’un de nos collègues de l’Assemblée nationale : « Sincèrement, je ne sais plus dans quelle langue m’exprimer pour vous faire comprendre que vous aurez non seulement la possibilité de déposer et de discuter - puisque c’est le mot que vous vouliez entendre - des amendements [...]. »

Saviez-vous alors que vous défendriez quelques mois plus tard avec passion, conviction, voire acharnement, un projet de loi organique ouvrant la voie à l’adoption d’amendements « sans discussion » ?

L’alternative est simple : soit, vous avez manipulé le Parlement à l’occasion de la révision constitutionnelle (Protestations sur les travées de l’UMP), soit vous vous êtes fait manipuler au printemps dernier. (Mêmes mouvements.)

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État. C’est lamentable !

Mme Éliane Assassi. Vous n’étiez d’ailleurs pas le seul à dissimuler les véritables intentions du Gouvernement.

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État. Restez dans votre rôle, je resterai dans le mien !

Mme Éliane Assassi. Le même jour, Mme Rachida Dati affirmait ceci : « Je tiens à vous rassurer, le Gouvernement n’a pas l’intention de remettre en cause le droit d’amendement. Non seulement les amendements pourront être librement déposés, mais ils pourront être réexaminés en séance. »

M. Warsmann lui-même, qui fait pourtant de son combat contre ce qu’il appelle « l’obstruction » une question prioritaire, indiquait : « On ne touche pas au droit de déposer des amendements et ceux-ci viendront en séance et y seront discutés ».

Ces citations ne sont pas superflues. Elles éclaircissent notre débat et doivent éclairer le Conseil constitutionnel. Si le constituant a autorisé à légiférer sur une telle base, le droit d’amendement sera intégralement respecté ; cela signifie tout simplement que l’article 13 n’est conforme ni à la lettre ni à l’esprit de la Constitution et de nos institutions.

M. Warsmann, toujours, écrivait à la page 25 de son rapport sur la révision constitutionnelle : « il faut s’interroger sur le principe constitutionnel réservant au parlementaire le droit personnel de déposer des amendements et de les défendre ». Cette interrogation du président de la commission des lois de l’Assemblée nationale est un aveu : le droit d’amendement, c’est le droit d’en débattre.

Il poursuivait d’ailleurs, à la page 26 de son rapport : « on peut légitimement se demander si la protection de l’exercice effectif du droit d’amendement ne s’étend pas également à sa présentation. »

L’article 13 est donc contraire aux principes fondamentaux de notre droit. Le droit d’amender, le droit de multiplier les amendements pour alerter l’opinion et pour résister à une mesure estimée dangereuse, le droit d’opposition puisent leur source dans l’article II de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui prône le droit à l’insurrection. (M. Patrice Gélard, vice-président de la commission des lois, manifeste son étonnement.)

Je conclurai sur une remarque plus politique : qui peut reprocher aujourd’hui aux parlementaires communistes d’avoir mené à l’Assemblée nationale et au Sénat une bataille parlementaire pour préserver notre système de retraite par répartition ?

Cette bataille, avec la mobilisation des acteurs sociaux, a permis de freiner l’ambition de M. Fillon - il ne se prévaut guère de cet épisode aujourd’hui - visant à soumettre les retraites à la loi du marché et des fonds de pension.

Ce reproche, ce ne sont certainement pas les retraités ou les futurs retraités qui constatent avec inquiétude le sort de leurs homologues américains ou anglais qui le feront !


Réforme des collectivités territoriales (deuxième lecture) : clause de compétence générale

Par Eliane Assassi / 30 juin 2010

Prise illégale d’intérêt des élus locaux

Par Eliane Assassi / 24 juin 2010

Grand Paris : conclusions de la CMP

Par Eliane Assassi / 27 mai 2010

Saisie et confiscation en matière pénale

Par Eliane Assassi / 28 avril 2010

Grand Paris : explication de vote

Par Eliane Assassi / 26 avril 2010

Récidive criminelle : question préalable

Par Eliane Assassi / 17 février 2010

Lutte contre les violences de groupes (deuxième lecture)

Par Eliane Assassi / 11 février 2010

Réforme des collectivités territoriales : droit de vote des étrangers aux élections locales

Par Eliane Assassi / 28 janvier 2010

Réforme des collectivités territoriales : création des conseillers territoriaux

Par Eliane Assassi / 26 janvier 2010

Réforme des collectivités territoriales : amendement n° 112

Par Eliane Assassi / 21 janvier 2010

Réforme des collectivités territoriales : explication de vote sur l’exception d’irrecevabilité

Par Eliane Assassi / 20 janvier 2010

Renouvellements des conseils généraux et régionaux : explication de vote

Par Eliane Assassi / 16 décembre 2009

Renouvellements des conseils généraux et régionaux

Par Eliane Assassi / 15 décembre 2009

Lutte contre les violences de groupes

Par Eliane Assassi / 18 novembre 2009

Mandat des membres du Conseil économique, social et environnemental

Par Eliane Assassi / 20 juillet 2009

Nouvelle-Calédonie et Mayotte

Par Eliane Assassi / 7 juillet 2009

Par Eliane Assassi / 29 juin 2009

Par Eliane Assassi / 4 juin 2009

Par Eliane Assassi / 6 mai 2009

Par Eliane Assassi / 17 février 2009

Par Eliane Assassi / 12 février 2009

Par Eliane Assassi / 11 février 2009

Par Eliane Assassi / 10 février 2009

Par Eliane Assassi / 16 décembre 2008

Par Eliane Assassi / 4 novembre 2008

Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Éliane ASSASSI
Sénatrice de Seine-Saint-Denis

Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale

Elue le 26 septembre 2004

Decor
Intranet
Haut de page