[(8868|non) Exécution de trois militantes kurdes dans les locaux de leur organisation parisienne - Elianne Assassi, sénatrice de Seine Saint-Denis

Les questions orales

L’ensemble des questions orales posées par votre sénatrice ou votre sénateur. Au Sénat, une question orale peut, suivant les cas, être suivie d’un débat. Dans ce cas, chaque groupe politique intervient au cours de la discussion.

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Exécution de trois militantes kurdes dans les locaux de leur organisation parisienne

Par / 29 avril 2014

Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylenez, trois militantes kurdes étaient exécutées dans les locaux de leur organisation parisienne.
Elles luttaient pour la reconnaissance des droits politiques et culturels de leur peuple.

Depuis, un suspect a été arrêté, connu pour ses sympathies avec des mouvements nationalistes d’extrême-droite turcs. Le mode opératoire et les révélations récentes tendent à démontrer l’implication des services secrets turcs et ceux d’autres états européens. Il s’agirait donc d’un acte planifié de longue date. L’affaire Adem Uzun, dont l’ensemble des poursuites et la procédure ont été récemment annulés par la Cour d’appel prouve la coopération active et zélée de la police française avec la Turquie pour l’arrestation des militants kurdes sur le territoire français. Partant de ce constat, nous pouvons nous interroger sur le rôle des services de renseignements français et sur les informations concernant Omer Guney comme sur ses plans d’assassinat.

Une enquête a été ouverte et suit son cours en dépit des obstacles nombreux qui visent à masquer les commanditaires. On peut craindre l’enlisement de l’affaire. Il est dans notre pays une macabre tradition : celle qui consiste à ne jamais élucider les crimes politiques.

Il est un aspect sur lequel je souhaiterais attirer votre attention et qui donne sens à ma question. A ce jour, les plus hautes autorités de l’Etat n’ont toujours pas reçu les familles de victimes contrairement à l’usage établi.

Dans cette épreuve, les familles ont besoin du soutien de la République alors que les leurs portaient les valeurs de démocratie, de justice et du droit des peuples. Les autorités de la République, en les recevant :

-  Exprimeraient leur compassion et prendraient en considération leur souffrance. L’indifférence accroit l’immense préjudice que ces familles vivent.

-  Elles reconnaitraient ainsi leur statut de victimes. L’œuvre de justice n’est pas une simple procédure de répression ou de sanction. Elle doit permettre aux victimes d’être informées, d’occuper la place qui leur revient.

-  Etre à la hauteur de la gravité de l’évènement est une manière de dire que la République ne laissera pas faire. Ne pas les recevoir introduit un doute sur la détermination des autorités. Or la recherche de la vérité nécessite que les questions empruntent de doutes soient posées.

-  Cela permettrait aussi d’envoyer ce message clair aux commanditaires de ce triple crime : La France ne le laissera pas impuni ! Il s’agit enfin d’adresser un signe à tous les démocrates qui ont trouvé refuge chez nous. La France les protègera et sera à leurs côtés.

Les associations de solidarité, comme celle de France-Kurdistan qui m’a sollicitée, les élus de tous bords que j’ai pu rencontrer, les citoyens et les personnalités comme celles rassemblées autour du « Comité Vérité et Justice », les associations kurdes, les familles ont besoin de cet encouragement.

Madame la Ministre de la Justice, ma question est simple : quand les plus hautes autorités de l’Etat recevront-elles ces familles ? Ce serait un acte d’humanité, de dignité et de justice !

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