Groupe CRCE Éliane Assassi

Les courriers officiels

Lettre à Monsieur ESTROSI, Ministre de l’industrie et sa réponse

Conflit social chez FRALIB -

Par / 12 avril 2010

Monsieur le Ministre de l’Industrie,

Le conflit social de Fralib à Gémenos me conduit, devant la fuite de la direction incapable d’assumer ses responsabilités, à établir un rapide historique de pratiques « industrielles » qui conduisent droit dans le mur, et le dialogue social et l’économie de notre pays.

En 1976, la multinationale Unilever achète Fralib à Pernod-Ricard.
En 1988, avec un bel opportunisme, Unilever délocalise son site de Marseille à Gémenos pour profiter des mannes européennes liées à la revitalisation d’un territoire sinistré par la disparition des chantiers navals.
En 1998, elle ferme son site du Havre (thé noir) et transfère sa production en Belgique.
En 2006 enfin, Unilever crée Unilever Supply Chain Company (USCC) en zone hors Euro (la Suisse) qui a pour seule fonction d’assécher les marges des sites de production.

Désormais seul interlocuteur commercial de l’ensemble des usines européennes, propriétaire des matières premières comme des produits finis, USCC concentre en Suisse l’essentiel de la marge du groupe, les centres de production opérant dès lors comme des sous-traitants.

Alors que la France est le 2ème marché européen en volume et le 1er en plus value – le même produit y est vendu 4 fois plus cher qu’en Pologne par exemple – ce sont 200 M€ qui manquent annuellement au PIB de notre pays, bien que cette richesse ait été créée entièrement en France. Cerise sur le gâteau, 67 M€ échappent chaque année aux services fiscaux français grâce à ce montage. Mais ce sont quelque 750 M€ qu’Unilever a servi à ses actionnaires pour l’année 2008.
Depuis 5 semaines, les salariés de Gémenos sont en grève pour obtenir une revalorisation salariale. Motivée par la bonne santé financière du groupe tout autant que par les gains de productivité enregistrés depuis 20 ans, cette revalorisation ambitionne aussi de réduire l’écart qui n’a cessé de se creuser entre le Smic et le salaire de référence de l’entreprise. Cet écart, de 46% en 1989, n’est plus aujourd’hui que de 3,5%.

Devant l’intransigeance d’une direction qui après avoir annoncé qu’elle allait lancer une étude sur la compétitivité, refuse toute négociation salariale et s’exonère de ses obligations au regard du seul Droit du Travail dans ses dispositions sur les négociations collectives, je vous demande, Monsieur le Ministre, d’intervenir fermement pour restaurer les conditions du Droit dans cette entreprise.

Vous remerciant de me tenir informée des dispositions que vous voudrez bien prendre avec l’aide de vos services, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Isabelle Pasquet

Réponse

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