Tribunes libres

Parues dans la presse ou dans le journal du groupe, retrouvez ici les tribunes libres signées par les membres du groupe CRC.

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Face à la politique libérale d’Emmanuel Macron, une autre voie est possible

Déclaration politique du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste -

Par / 6 octobre 2020

La France traverse une crise économique, sociale et environnementale d’une rare violence.

La pandémie de la Covid-19 a considérablement renforcé ce constat. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE saluent l’engagement des personnels de santé et des « premiers de corvée » qui y font face.

Outre les drames humains qu’elle entraîne, la pandémie a mis en avant les désastres entraînés par la mondialisation financière. La mise à l’arrêt de notre économie entraîne une explosion du chômage et de la précarité. La faim fait son retour dans notre pays.

Notre pays est menacé comme beaucoup d’autres par une forme de désintégration économique, sociale et démocratique.

La désintégration économique, résultat d’une mondialisation libérale sauvage, a été soulignée par la crise sanitaire actuelle démontrant l’incapacité de notre pays à faire face à des besoins matériels évidents et urgents. L’une des plus grandes urgences est le renforcement de notre système de santé, en redonnant en particulier les moyens nécessaires à l’hôpital, et en restaurant notre souveraineté en matière de médicament et matériel.

Cette désintégration économique implique une désintégration sociale accélérée. Le droit du travail, les droits sociaux, attaqués depuis des années, sont encore dégradés au nom du sauvetage de l’économie.

Cette pandémie aggrave une crise politique profonde, une crise de confiance à l’égard des élu-e-s, une crise de valeurs. Il s’agit là d’un véritable processus de désintégration démocratique.

Notre peuple subit depuis maintenant 40 ans une précarisation croissante, une angoisse qui s’amplifie d’année en année face à l’avenir.

Alors que le progrès technologique permet en théorie l’amélioration de la qualité de vie, bien souvent c’est à une dégradation des conditions d’existence que l’on assiste, comme l’attestent la réduction drastique de l’accès aux soins, les difficultés à se loger dignement, la maltraitance du transport au quotidien.

Les promesses non tenues depuis des décennies, les vives déceptions après les grands espoirs de 1981, de 1997, mais aussi après le référendum de 2005, l’espoir pour certains d’« un nouveau monde », sont de toute évidence à la source de cette grave perte de confiance, symbolisant l’abstention croissante lors des consultations électorales. Cette perte de confiance ouvre le chemin aux démagogues, à ceux qui, pour conquérir le pouvoir, dressent ceux qui souffrent les uns contre les autres, plutôt que de les unir face aux puissances financières. Le danger de la montée du Front national, présent au second tour de la dernière élection présidentielle, puise sa raison d’être dans ce terreau de déception, de colère, d’injustice.

L’élection d’Emmanuel Macron ne s’est pas faite par adhésion à son projet, mais pour faire barrage à l’extrême droite. Elle est intervenue dans ce contexte de désillusion, de colère, de division et de mise en cause des deux partis qui ont dominé la vie politique de ces dernières décennies et des renoncements libéraux et promesses non tenues successifs.

E. Macron avait été mis sur orbite pour sauver un système en perdition. L’affichage, amplement relayé par des médias aux ordres, fut celui d’un renouvellement, d’une rupture, menés par un président jeune soudainement exonéré de ses responsabilités passées.

Trois ans après son élection, la réalité s’impose : le nouveau Chef de l’État a mené une offensive tous azimuts au service des riches et du patronat pour laquelle il n’a pas été élu.

Les électrices et électeurs du 7 mai 2017 n’avaient pas voté pour la casse du Code du Travail, pour l’exonération de l’ISF du patrimoine mobilier, pour la casse du logement social annoncée par la remise en cause de l’APL ou pour la sélection à l’université.

Elles et ils n’ont pas voté pour les privatisations, pour le démantèlement du service public et le bradage de notre industrie, d’ADP à Engie en passant par la SNCF.

Elles et ils n’ont pas voté pour une mise en accusation des collectivités territoriales et leur asphyxie financière. Quand on sait qu’elles sont un lien irremplaçable de proximité, d’expression de la solidarité nationale et de mise en œuvre du service public.

Le groupe CRCE est favorable à un approfondissement de la décentralisation mais certainement pas dans un contexte d’austérité budgétaire et de mise en concurrence généralisée. Elle devra s’appuyer sur un État démocratisé, renforcé dans ses missions pour assurer l’égalité sur le territoire de la République.

Le groupe CRCE s’oppose au projet du gouvernement, accompagné par la droite parlementaire, d’instaurer une politique de différenciation entre collectivités territoriales.

La montée en puissance de ce concept qui se substituerait à une vision républicaine de l’organisation du territoire est dangereuse.

Les électrices et électeurs n’ont pas voté enfin pour l’instauration d’une forme inédite d’exercice solitaire du pouvoir présidentiel en s’appuyant sur un système médiatique inféodé.

L’autoritarisme croissant d’E. Macron, l’affichage du mépris à l’égard du peuple et une volonté non dissimulée de museler le Parlement inquiètent dans de nombreux rangs. Le groupe CRCE agira pour les pleins respects des pouvoirs des assemblées et des parlementaires. Ils porteront le projet d’une nouvelle République, plaçant la démocratie et l’humain en son cœur.

La ligne conductrice du nouveau pouvoir est la soumission totale à la volonté du marché, quitte à affaiblir la démocratie et à contester les fondations de la République.

Face à cette attaque violente contre les intérêts populaires, le groupe CRCE maintiendra une opposition résolue à la politique libérale d’Emmanuel Macron et multipliera des propositions pour souligner qu’une autre voie est possible, celle d’une transformation écologique, sociale et économique.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE porteront la nécessité d’un retour de la puissance publique pour contrer la dictature des marchés financiers.

Le rôle et la conception actuelle de la Banque Centrale Européenne doivent être remis en cause pour ouvrir la voie à une réorientation démocratique et sociale de l’Europe.

En tout état de cause, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE agiront pour une réforme de la fiscalité et contre l’évasion fiscale, permettant ainsi une juste redistribution des richesses.

Elles et ils agiront pour que l’épargne ne soit pas détournée de l’intérêt général au profit des marchés financiers.

Elles et ils porteront la construction d’un pôle public financier permettant d’atteindre cet objectif en redonnant au pouvoir politique les moyens d’intervention nécessaires.

La crise de la Covid-19 a mis en évidence le lien étroit entre le combat pour les droits sociaux et l’épanouissement humain, et le combat pour l’environnement, contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité. Ce combat implique, qui peut en douter, un nouveau mode de développement économique en rupture avec un système capitaliste fondé sur le profit et l’intérêt privé.

Conscients de ces nouveaux enjeux écologiques, éthiques, démocratiques qui pèsent sur le devenir de notre société, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE sont convaincus de la nécessité d’inventer un nouveau mode de développement susceptible de préserver la planète pour les générations à venir et de garantir le droit à l’accès pour tous aux biens vitaux (eau, énergie, alimentation…). La transition énergétique doit s’accélérer et ne pas demeurer un vœu pieu.

La transition écologique, cette véritable révolution verte, exige en particulier un effort de grande ampleur, historique, pour réduire l’émission de carbone. L’industrie, les transports, le logement, sont des secteurs qui seront les moteurs de ce combat pour l’avenir de notre planète et de celles et ceux qui la peuplent, humains et animaux.

Dans ce cadre, celui d’un développement durable, elles et ils se battront pour une véritable politique de réindustrialisation de notre pays, fondée sur une exploitation à la fois économe et équitable des ressources de la planète, préservant la biodiversité et assurant un environnement viable et non pollué. Elles et ils alertent sur la nécessité d’initier de nouveaux modes de consommation compatibles avec ces objectifs. Elles et ils s’inscrivent de manière déterminée dans un grand débat national sur l’énergie et sur une transition énergétique susceptible de créer des milliers d’emplois. Elles et ils considèrent donc indispensable, dans un tel cadre, de promouvoir la recherche scientifique et technique et l’investissement par des politiques publiques audacieuses.

Elles et ils veulent ainsi contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable permettant de nouveaux progrès humains.

Elles et ils agissent pour un enseignement ouvert à toutes et à tous, porteur d’égalité. La culture, durement touchée par la crise, sera au cœur de leur préoccupation.

Elles et ils agissent avec détermination en faveur du droit des femmes tout particulièrement frappées par l’austérité. Elles et ils porteront le combat contre les violences dont elles sont victimes. Elles et ils soulignent qu’une nouvelle fois, en octobre 2020, le groupe CRCE est le seul groupe sénatorial présidé par une femme et qui respecte la parité.

Elles et ils proposent une réforme des politiques de sécurité en rappelant la nécessaire prévention fondée sur une police de proximité rendue impossible par l’austérité budgétaire. Elles et ils condamnent les violences policières, trop souvent érigées comme réponse à la délinquance.

Elles et ils luttent avec détermination contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de discriminations.

Elles et ils appellent à une gestion pragmatique et humaniste des flux migratoires et exigent le respect sans faille des droits des migrants et des réfugiés.

Elles et ils agissent avec détermination pour le développement et la paix dans le monde.

Elles et ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre. Elles et ils seront à leur côté, comme lors des mouvements contre l’éclatement de la SNCF ou la tentative de destruction de notre régime de retraite. Elles et ils seront à leur côté dans les luttes pour l’emploi à l’heure où les plans sociaux se multiplient.

Elles et ils exigent le respect du droit de manifester et condamnent le recours à la force par les autorités publiques.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, elles et ils associent les organisations syndicales, les associations et les citoyens à leur travail législatif.

Elles et ils sont convaincus que l’une des clés du changement est dans la participation du peuple au débat public, à la vie économique, sociale et à la vie politique, ainsi qu’aux grands choix écologiques. Elles et ils agiront pour un débat public pluraliste, citoyen, qui exige de libérer l’information du carcan de la finance et de l’influence du pouvoir exécutif.

C’est pourquoi elles et ils pensent que la démocratie doit être refondée dans la cité comme sur le lieu de travail et se prononcent pour une nouvelle République citoyenne, sociale et écologique portant la justice sociale et le progrès, en son cœur.

Dans ce cadre, elles et ils se prononcent pour une profonde réforme d’une seconde chambre, démocratisée, pluraliste, diverse et ouverte aux citoyen(ne)s.

Le groupe CRCE respectera en son sein la diversité. Chaque sénatrice et sénateur compte pour un, et aucune décision, aucun vote ou proposition de loi ne lui est imposé, l’unité d’action étant décidée par le libre débat.

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